Essai de la Zero DS modèle 2011

Réalisé par Jean-Michel Lainé

Les énergies alternatives ont incontestablement le vent en poupe, pas encore sur les volumes de vente, mais au moins sur l'intérêt qu'elles suscitent dans une société plus soucieuse de son environnement et dans le discours des politiques. Dans le domaine des deux-roues, on a vu arriver cette année le cyclo Yamaha EC-03 et le scooter Peugeot e-Vivacity (équivalent 50). Zero Motorcycles dispose d'une gamme de motos équivalentes à une 125, donc avec un périmètre d'action et une praticité à l'usage bien plus proche de ce qu'on connaît dans notre quotidien d'Homo Urbaniens Vulgaris. La Zero DS (Dual Purpose) est donc un trail à vocation urbaine même si les petites routes et chemins roulants ne lui posent pas de souci particulier. La DS connaît cette année quelques changements qui prennent en compte les remontées des premiers utilisateurs de cette moto électrique. En dehors du fait qu'aucun bruit de mise en route ou presque ne vienne perturber la quiétude des voisins, on est au guidon de la DS comme on le serait sur n'importe quelle moto thermique à quelques détails près. La selle très haute est plus proche d'une machine d'Enduro que d'un trail puisqu'avec un peu plus d'1m80 on touche de la pointe des pieds de chaque côté, le rayon de braquage est très limité et le cadre vient appuyer à l'intérieur des cuisses si on veut serrer la machine.

Photo de la Zero DS modèle 2011
Photo de la Zero DS modèle 2011

Après cette première sensation en prenant place sur la selle de cette Zero DS, vient le moment de s'élancer. Comme sur tous les véhicules électriques, les départs sont vifs. Une fois lancé, on apprécie toujours la possibilité de profiter de reprises satisfaisantes jusqu'à 80 ou 90 km/h pour une vitesse maximale proche des 110km/h au tableau de bord. La DS offre donc des performances proches de ce qu'on connaît sur une 125 quelconque avec un moteur à explosion sauf qu'il n'y a pas de boîte de vitesses. Maintenir la moto à sa vitesse maximale fait rapidement baisser le niveau de charge de la batterie mais on peut tout de même s'aventurer sur une autoroute urbaine en suivant le trafic sans craindre pour sa sécurité. C'est sur un roulage au rythme varié comme on en rencontre en ville, que la DS est la plus bluffante. Rapidement, on oublie qu'on est au guidon d'une machine 100% électrique en dehors du bruit qu'on ne perçoit plus. Maniable dès qu'on prend un peu de vitesse avec sa motorisation disponible, la DS se montre très joueuse en milieu urbain. Son moteur coupleux ne craint pas un démarrage en côte à Montmartre et offre des performances comparables à celles d'une autre 125. Si rouler 100% électrique est rapidement assimilé, il reste toujours la crainte de l'autonomie. Deux «pleins» ont été faits lors de cet essai avec à chaque fois un roulage varié, c'est-à-dire avec un peu de voie rapide, un peu de routes de campagne et surtout de la ville. La réserve s'est déclenchée à 49.9km sur le premier et 54.5km sur le second. Cette autonomie permet de facilement couvrir la plupart des usages quotidiens en suivant le trafic. Pour recharger la Zero, il suffit de la brancher sur n'importe quelle prise murale. Le chargeur inamovible est intégré sous la grosse batterie Lithium-ion. Des petites LED colorées nous indiquent le niveau de charge. Le cordon est fourni, c'est un simple cordon comme on en trouve sur un appareil à raclette ou un écran d'ordinateur de bureau, donc vous en avez partout au cas où vous l'oubliez... Le principal bémol sur l'autonomie vient de son indication puisque seules les barrettes de la jauge au tableau de bord clignotent lorsque les deux dernières sont atteintes. Aucun témoin ne s'illumine lorsqu'on passe en réserve alors que les performances sont conservées jusqu'à ce que les batteries soient complètement vides.

La partie-cycle, avec ce cadre et ce bras oscillant aux dessins très distinctifs, est de bonne facture mais la direction est très réactive. Le guidon réclame d'être fermement tenu à deux mains si le revêtement n'est pas parfait, la faute sans doute à un angle de chasse réduit (24.2 degrés) et à une chasse courte (83mm) là où généralement les valeurs sont plus proches de 27° et supérieures à 100mm. Le freinage nécessite un peu de poigne mais est satisfaisant à l'avant comme à l'arrière en dehors de la pédale qui glisse lorsqu'il pleut. Les pneus sont classiques, c'est-à-dire que ce ne sont pas des pneus à faible résistance au roulement comme on trouve sur les autos électriques ou hybrides. Enfin pour son millésime 2011, Zero a équipé sa DS d'une courroie qui limite l'entretien mais qui présente surtout l'avantage de ne pas faire de bruits mécaniques qui ne seraient pas couverts par le celui du moteur, puisqu'il n'en fait pas ! Si la prise en main est facile avec cette motorisation électrique, on regrette toutefois deux choses : il est impossible de transporter quelqu'un même en dépannage puisqu'il n'y qu'une place et pour la qualité perçue de la finition, de nombreux fils et connecteurs sont visibles même lorsqu'on est en train de rouler.

Photo de la Zero DS modèle 2011
Photo de la Zero DS modèle 2011

Bilan

Zero propose avec sa DS (Dual Purpose), une moto équivalente à une 125 en termes de performances et d'ailleurs homologuée comme telle. Elle est donc accessible avec un permis auto et 7 heures de cours devenus obligatoires depuis le 1er janvier 2011. Malgré quelques soucis d'ergonomie (selle haute, appuis du cadre, alerte de réserve, etc.), quelques fils qui se promènent et un usage restreint à une seule personne, la DS est une machine 100% électrique qui peut parfaitement satisfaire à un usage quotidien de façon réaliste au regard de ses performances comparables à une 125 thermique. En dehors de la direction très vive, la prise en main de cette machine est très simple. Rapidement, on profite de départs assez vifs et d'une bonne nervosité lorsqu'on est lancé. Rouler à moto en silence est déconcertant au départ mais se fait oublier assez rapidement, tout comme la crainte de l'autonomie lorsqu'on sait qu'on fait au moins ses 50km quotidiens sans encombre. Une simple prise suffit à recharger en 2 heures (temps constructeur, non vérifié). Si la courroie a apporté un confort sonore et d'entretien, un dessin plus moderne des plastiques et une finition plus soignée mettraient cette moto électrique à pied d'égalité avec ses concurrentes à moteurs thermiques sur le plan technique. A 10495€, elle s'affiche toutefois à plus du double d'une 125 thermique équivalente chez un constructeur généraliste. En revanche, elle ne consomme pas d'essence et le moteur ne réclame pas d'entretien. La durée de vie de la batterie est annoncée à 52000km par Zero, c'est-à-dire que normalement pendant cette période, seules les pièces d'usures sont à payer. Un calcul à faire et à ajouter à l'envie de rouler 100% électrique.

essai de la Zero DS modèle 2011
Essai de la Zero DS modèle 2011

On aime bien

  • Le moteur électrique
  • La courroie silencieuse
  • Des détails d'ergonomie

On aime moins

  • La hauteur de selle
  • La direction très vive
  • La charge facile
Quotidien
Voyage
Loisir
Sport
Duo
On vous regarde
On la détaille
On l'écoute

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Fiche technique de la Zero DS modèle 2011

Tarif (septembre 2011)10 495 €
Puissancenc
Couplenc
Frein avantDisque 220mm étrier 2 pistons
Frein arrièreDisque 220mm étrier 1 piston
Hauteur de selle808mm (757mm en option)
Poids (constructeur)89kg à sec
Autonomie50km avant réserve
Recharge2 heures sur prise 220V

Ces données techniques et tarifs peuvent changer sans préavis. Si ce modèle est toujours au catalogue, vous trouverez des informations complémentaires, le dernier tarif ainsi que les promotions en cours sur www.zeromotorcycles.com/fr/, le site officiel de la marque.

Photos de la Zero DS modèle 2011

Fond d'écran

fond d'écran de la Zero DS modèle 2011
Fond d'écran aux dimensions 1024x768 1280x1024 800x600