Choisir et acheter sa moto d'occasion

Réalisé par Guillaume Mongin – photos Mecamix

Vous êtes en phase d'achat d'un véhicule d'occasion. Alors que vous connaissez votre budget et le modèle que vous désirez, il ne reste plus qu'à trouver la perle rare. Rien ne sert de s'empresser, mieux vaut être méthodique pour éviter les mauvaises surprises.

Où acheter ? Avantages et les inconvénients

  • Chez un concessionnaire

    Acheter votre véhicule d'occasion chez un concessionnaire est synonyme de sécurité. L'inspection technique est assurée et vous bénéficiez d'une garantie de trois mois minimum. Malgré tout, faites attention aux clauses de cette garantie et essayez de négocier que toutes les pièces de la motorisation soient prises en charge. Cette tranquillité se paye néanmoins au prix fort.

  • A un particulier

    Acheter à un particulier permet d'ouvrir des négociations serrées et donc de payer un prix bas. Il faut toutefois se méfier qu'aucun vice ne soit caché. L'état du véhicule doit être en rapport avec les propos du vendeur. N'hésitez pas à vous faire conseiller par un ami plus aguerri en termes de mécanique. Car en cas de problème après l'achat, les recours contre le vendeur sont minimes.

  • A un loueur

    A priori acheter un véhicule qui fut destiné à la location paraît intéressant à bien des égards. Récents, ils sont souvent proposés à des prix très attractifs. En revanche, mécaniquement parlant les véhicules ont souvent été maltraités et très sollicités par des dizaines de clients avant vous. Il est impératif que vous puissiez essayer le véhicule avant l'achat pour savoir si son vieillissement n'est pas prématuré.

  • Aux enchères

    Les enchères, c'est un peu comme lorsqu'on joue à la loterie. Les prix sont en effet sacrifiés, mais les véhicules ne peuvent pas être essayés et les garanties sont clairement inexistantes. Vous pouvez donc tomber sur une super affaire, encore faut-il trouver le modèle que vous désirez, comme sur une grosse embûche qui ne daigne même pas démarrer ! Bref, un exercice destiné aux intrépides ou aux négociants.

  • A un négociant d'occasion

    Les marchands d'occasions sont une alternative aux concessionnaires, avec lesquels ils entretiennent des liens serrés. En général, les véhicules proposés par ces marchands sont des reprises ou des modèles de fin de série rachetés aux concessionnaires à prix cassés. Vous avez donc la possibilité de bien négocier le tarif et vous obtenez en plus une garantie minimum de 3 mois. C'est un réseau émergeant dans le domaine du deux-roues et plus particulièrement du scooter.

Les papiers

papiers

Une fois que vous vous êtes mis d'accord sur le prix, commence la paperasserie ! Vérifiez que le carnet d'entretien soit à jour et que la carte grise soit bien celle du véhicule. Les numéros doivent être identiques à ceux gravés sur le châssis. On les trouve le plus souvent sur la colonne de direction. Dans le cas d'un rachat à un particulier, exigez un certificat de situation administrative (non gage) et un certificat de cession. Le vendeur doit être le propriétaire (vérifiez sa carte d'identité) ou exigez une procuration signée de lui comme quoi il autorise la vente. Ensuite vous devez barrer la carte grise et y inscrire la mention «vendue le...» avec la date et l'heure de la transaction. Et surtout exigez que cette dernière soit signée de la main du vendeur ou du mandaté. Il est impératif de prévenir votre assureur (tel, fax ou mail) pour qu'il puisse prendre en charge le véhicule dès le jour de la transaction. Muni de l'acte de vente et de la carte grise barrée, vous avez un mois pour faire immatriculer votre véhicule au sein de votre préfecture.

Les points clés : attention aux véhicules trop bien nettoyés !

  • La carrosserie

    Vérifiez la totalité de l'habillage plastique. Si quelques rayures sont tolérées, de grosses entailles indiquent une chute qui pourrait avoir des conséquences plus grave sur la mécanique. Dans ce cas vous êtes en force pour négocier le prix. De la même manière, des mauvais ajustements des plastiques peuvent trahir un châssis tordu. Inspectez aussi les vis des habillages plastiques, car si elles sont très usées, cela peut indiquer plusieurs démontages. Veillez à en connaître la raison.

  • Les leviers

    Les leviers de freins tordus ou cassés indiquent que la machine a certainement chuté. Le phénomène de chute n'est évidemment pas rare, même si il n'est pas forcément très grave. A vous de bien juger son intensité en questionnant le propriétaire. Sachez qu'une petite chute à l'arrêt (par exemple au béquillage) peut avoir des conséquences sur la direction. Vérifiez que le véhicule roule toujours bien droit et que la direction conserve sa fluidité.

  • Le tableau de bord

    Toutes les informations et les témoins doivent fonctionner. Les vis du capotage doivent être en bon état : pas de têtes de vis taraudées indiquant des démontages répétés, signe d'un kilométrage trafiqué. A vous d'apprécier la vraisemblance du totalisateur, en le comparant au relevé kilométrique de la dernière révision. Sachez néanmoins qu'il est beaucoup plus simple de modifier un totalisateur analogique (à rouleaux) qu'un système digital (écran LCD).

  • Faisceau électrique

    Vérifiez que tous les éléments électriques (phares, clignotants, feu stop...) fonctionnent convenablement, séparément et ensemble. Les pannes électriques ne sont pas forcément graves s'il s'agit d'une ampoule ou d'un fusible, mais dans le cas d'un boitier CDI à changer, la facture peut facilement grimper ! Dans le cas où le démarreur électrique semble peiner à lancer le moteur, tout indique que la batterie est vieillissante.

  • Les pneus

    Idéalement, les pneus doivent être les mêmes que ceux d'origine. S'ils ont été changés, les deux doivent être de marque et de type identiques. Gare aux montes chinoises : ces dernières, moins chères, sont souvent moins efficaces, notamment sous la pluie. Quoi qu'il en soit, vérifiez l'état de la bande de roulement (les structures doivent être visibles et creusées). Un témoin d'usure (signalé sur le flanc par une flèche ou l'indication TWI) vous informe sur le degré de dégradation. Sachez qu'une usure asymétrique indique le plus souvent une anomalie (fourche tordue, roulements défectueux...).

  • Freins

    Très important, l'usure des plaquettes ne doit pas être trop prononcée. Pour le vérifier, roulez avec la machine et si un bruit de frottement métallique flagrant se fait entendre au freinage, les plaquettes sont à changer (idem pour les tambours arrière). Les disques de freins très creusés ou dotés de rayures profondes sont également bons à changer. Surtout ne mettez pas de plaquettes neuves sur des disques usés, sous peine d'une usure prématurée de leur garniture. Au cas où les leviers se révèleraient très spongieux, vérifiez le niveau du liquide de frein.

  • La fourche
    Une fourche saine est essentielle au bon comportement du véhicule. Si un tube de fourche (la partie chromée) présente du gras de surface important, les joints «spi» (gardien de l'huile à l'intérieur) sont défectueux. Pour en savoir plus, poussez le véhicule sur un mètre et freinez sèchement du frein avant. Si la fourche s'enfonce trop facilement jusqu'en butée ou qu'un bruit de grincement se fait entendre, elle est en mauvais état. Ennuyeux, car coûteux à remplacer.

  • Moteur

    En écoutant le moteur tourner, aucun bruit suspect ne doit se faire entendre (cliquetis ou ronronnement prononcé). Le régime moteur doit être stable à chaud et les démarrages à froid ne doivent pas demander plus de deux essais. Pour un moteur 4 temps, aucune fumée ne doit se dégager de l'échappement. Dans le cas d'une fumée bleuâtre, on a affaire à une surconsommation d'huile (segmentation usée) ou alors une fumée blanche qui indique une consommation d'eau (joint de culasse défectueux pour les moteurs refroidis par eau). Si on tolère une fumée à froid sur les moteurs 2 temps, il ne faut pas non plus qu'elle persévère à chaud, signe d'une segmentation usée (généralement vers 20000km). Traces d'huile sous le moteur, suintements sur la béquille centrale, ces signes doivent aussi vous alerter.

  • L'échappement

    Un silencieux corrodé et une chicane interne émettant un bruit de casserole ne sont pas bons signes, d'autant qu'un nouvel échappement est coûteux. Idem pour une oxydation exagérée de la corne en sortie de culasse. Dans tous les cas, traquez les bruits rauques annonciateurs d'un souci futur (collecteur HS ou gougeons de collecteur cassés). Un silencieux rayé ou marqué peut aussi trahir une chute cachée. Si l'échappement a été remplacé par un modèle adaptable, vérifiez que celui-ci porte un numéro d'homologation TPSI et qu'il n'ait pas été modifié.

  • La transmission

    Une transmission usée se décèle par une montée en régime peu constante, des démarrages anormalement lents et des grincements à fréquence régulière. Pour en prendre la mesure, il est impératif de rouler avec le véhicule. Les éléments de transmission (embrayage et kit chaîne) commençant à faiblir vers 15000 kilomètres alors, soyez à l'affût, même si ceux ne sont pas les pièces les plus onéreuses à changer.

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