Salut à tous et à toutes,
En 1979, après des années d'économies,et la licence A 1 en poche, je peux enfin m'acheter la 125 de mes rêves une Yam DTMX.
Premier congés payés, j'ai 15 jours de liberté, et je décide d'aller de Metz à Donville les bains chez mon grand-père.
Je suis tellement excité, que la petite nuit de mon départ, je ne dort pas beaucoup, j'écoute Génésis au casque; puis je n'y tiens plus.
A 3 h du mat. je suis prêt, enfin je crois,
J'ai de bonne bottes, un bon jean's, un blouson de cuir pas fait pour la moto,des gants bleus et un casque jet, et un K-Way, en effet il pleut énormément.
J'ai une carte routière que je calle vite fait dans ma ceinture.
J'emballe mon sac dans un plastique, et fixe le tout sur le porte paquet.
J'ai dans la tête les musiques que j'aime, et tellement content je gueule à tue tête dans mon casque.
C'est partis, par la route (pas encore d'autoroute de l'Est)
De nuit, je n'y vois rien, il pleut de plus en plus, le pôvre lumignion qui sert d'éclairage, ne sert quasi à rien, en plus il y a une grille d'origine qui affaiblit vachement le faisceau.
D'ailleurs personne ne me voit, puisqu'un tautobiliste m'envoi dans le fossé en doublant en sens inverse, j'ai beau klaxonner, un son ridicule sort que j'ai moi même,peine à entendre.
Je reparts en serrant les dents, à un moment un peu paumé, je veux sortir la carte de ma ceinture, elle est tellement trempée, qu'elle se sépare en deux.
C'est une route qu'on prenait en famille, et j'ai quelques repères.
J'arrive à St Ménéould dans la Marne, il fait encore nuit, je me traine la bite, et je suis trempé.
Une station essence encore fermée me permet de me poser un peu; j'enlêve mes bottes et les retourne; incroyable toute cette flotte qui sort; un journal qui traine là me sert à sécher un peu l'intérieur.
Je mange un peu, la sation service s'éveille, et une femme en peignoir et bigoudis apparait, elle cherche le journal du jour, je n'ai pas percuté de suite, et je sent qu'elle à des doutes....vu les quelques boulettes qui trainent encore au sol.
Je reprends la route tjrs sous la flotte.
La moto roule bien, il fait jour; traverse Paris sans soucis, re casse croute au mélange deux temps (j'ai pris un bidon d'essence et j'ai rajouté de l'huile, et il fuit)c'est pas terrible à bouffer ni à digérer.
Il pleut moins, j'arrive enfin en Normandie il est plus de 21 heures...(moyenne 36 km/h)
Je veux absolument aller voir la mer, et je vais au port de Granville, sans faire gaffe aux rails des trains, je me prends dedans et me casse la gueule en beauté en pétant le levier d'embrayage; merde; pour une arrivée, j'suis pas fier.
Je reparts en passant les vitesses à la volée, direction la maison familiale.
Mes grand parents m'attendent, oncle tante cousins.
Quand je me dépiaute, ils restent tous scotchés sur mes mains, toutes bleues, la teinture de mes gants à déteint sur ma peau, après avoir mariné plus de 19 heures.
C'est un de mes meilleurs souvenirs de moto.
Je vous ferais le retour qui fût encore plus chaotique.
Guy 