Essai Honda VT1300CX Fury
01/05/10 Honda créait la surprise en dévoilant sa VT1300CX plus joliment dénommée Fury. Le constructeur japonais s'aventure dans un créneau où il ne met que rarement les pieds. Ce domaine plus spécialisé encore que celui des customs est celui des choppers. La création d'un chop' se fait en général à partir d'un cadre fait maison avec un empattement démesuré dans lequel on vient greffer un gros V-Twin, américain si possible et gonflé par des préparateurs aux noms prestigieux. On ajoute un pneu arrière extra large et une fourche interminable et nous voilà au guidon d'un chopper... Dans le cas présent, la Honda Fury est un chopper qui est proposé au catalogue Honda tout simplement. Inutile d'être un as de la soudure et des chromes, il suffit de pousser la porte d'une concession Honda pour rouler en chopper. Sur sa béquille ou au guidon, le propriétaire entrera à coup sûr dans le star system. Le nombre de gens qui regardent avec insistance cette Fury est tout simplement incroyable ! Il faut dire qu'avec son empattement d'1m80, son réservoir effilé, sa colonne de direction haut perchée, sa selle hyper basse, ses commandes avancées et son abondance de chromes, la bête à tout d'une carte postale.
Combien pour assurer votre Honda VT1300CX Fury ?Esthétiquement, la Fury est un chopper en «
petit».
Si tous les ingrédients sont présents, il n'y a pas de démesure pour autant. L'empattement d'1m80 ne fait que 15cm de plus que celui de la Shadow 750 par exemple, le pneu arrière sur la jante de 18 pouces n'affiche qu'une largeur de 200mm et la cylindrée n'est que de 1300cm3. C'est vrai que le long et double échappement «
siamois», la roue avant de 21 pouces avec des jolis bâtons, le long réservoir tout en finesse qui plonge vers la selle et le moteur largement mis en valeur par une abondance de chromes et l'absence de câbles ou autres durites disgracieuses, font tourner toutes les têtes. Le guidon tout en haut fait rouler les deux poings dans le vent à hauteur des épaules, dommage que les câbles ne soient pas dissimulés dans le guidon pour une ligne encore plus pure. Le détail qui tue est certainement le klaxon dissimulé entre le repose-pied gauche et le cadre. L'illusion est donc parfaite jusque dans le petit tableau de bord sur fond blanc très soigné pour le plaisir des yeux. Malheureusement, tout est en plastique même les caches des culasses où on se voit dedans comme dans un miroir, et pourtant, cette petite machine affiche tout de même 303kg sur la balance avec les pleins.
C'est dynamiquement que la Honda Fury se révèle. A la mise en route, on apprécie la sonorité marquée et assez sourde du bicylindre en V, avec son injection, ses 6 soupapes et son refroidissement liquide. A faible allure ou en ville, la Fury fait merveille par l'ambiance au guidon qui sait mixer agréablement le dynamisme et la musique. A une allure plus régulière et surtout un peu plus véloce, la motorisation se montre bien plus linéaire à l'ouverture des gaz et le son disparaît sous le bruit du vent. Même si les 58 chevaux et les 11mkg de couple ne sont pas ridicules dans la catégorie, il manque des grosses gamelles comme on s'attend à trouver sur un chop' à l'heure où les 1800 cm3 voire 2 litres sont monnaie courante. Bien entendu, ce Chopper a pour lui l'avantage d'être très facile à emmener. Inutile de s'inscrire dans une salle pour soulever de la fonte, la Fury se laisse conduire du bout des doigts et des orteils.
Comme bien souvent dans la production d'Honda, on apprécie la sérénité de la partie cycle. Même si l'ensemble suspension/fourche est ferme, la Fury absorbe à merveille les irrégularités de la route. Même une compression en courbe se passe sans trop d'appréhension, le guidage est précis et la tenue de route irréprochable dans la catégorie. Si on ajoute à ceci le freinage très efficace à l'avant comme à l'arrière, la Fury est certainement le chopper le plus stable et sécurisant de la planète. En revanche, pour le confort et les aspects pratiques, on est totalement en adéquation avec ce qui se fait de mieux dans le domaine. L'assise et la suspension fermes n'épargnent pas le dos, le passager devra se contenter d'une selle minuscule (le Sissy Bar sur les photos est un accessoire), la protection du petit saute-vent (un accessoire aussi) est inexistante et il n'y a rien de pratique dessus à l'exception du cardan pour un entretien minimaliste. Même le tableau de bord ne propose pas une jauge ou un témoin de réserve, il faudra faire comme dans le temps, avec le totalisateur journalier qui succombe toutefois à l'appel du progrès puisqu'il est digital ! Bref la Fury, c'est une affaire de style et de coup de coeur uniquement.
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