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Jeudi 24 juillet 2014 · 6:12
17e année

 

Essai Buell XB12Ss

Réalisé par la rédaction le 18 juin 2006 Buell propose cette année la XB12Ss au catalogue en complément de la XB12S qui y était déjà depuis quelque temps. Quelle différence y-a-t-il entre les deux machines en dehors d'un petit «s» sur le logo ? Presque rien et pourtant pas mal de choses.

Comme les autres XB12 dont elle partage les caractéristiques du moteur, le bicylindre en V de 1200cm3, la Buell donne la part belle aux sensations de conduite. Elle reprend à partir de 2500tr/min avec une vivacité intéressante et peut devenir carrément brutale une fois la barre des 5000 tours passée.

Tout l'art du pilotage de cette machine consiste à rester sur le couple et à enrouler à un rythme soutenu en distillant une bonne reprise de temps en temps en tournant franchement la poignée droite en sortie de courbe. Le jeu est plutôt sympa et sa maîtrise procure une bonne dose de plaisir à qui saura en profiter.

Pour accompagner les images, le son n'est pas mal non plus. Avec 96db à 3300tr/min, on pourrait s'attendre à une certaine discrétion mais il n'en est rien une fois au guidon. Le bruit sourd du moteur se fait entendre lors des franches accélérations ou décélérations .

La boîte est certainement l'élément le moins joueur. Il faut décomposer correctement le mouvement d'un geste ferme et assuré. Une fois ceci acquis, les changements de rapports peuvent se faire avec une bonne rapidité.

Donc rien de nouveau coté moteur, on retrouve ce que l'on connaissait déjà que la XB12S ou la XB12R. La différence est ailleurs, dans des «petits» détails de la partie cycle.

La fourche inversée et la suspension sont confiées à Showa. Ces éléments sont totalement réglables et permettront d'ajuster au mieux les réactions de la machine à votre style de pilotage ou à l'environnement rencontré. Attention tout de même, vu le gabarit réduit de la machine, le moindre changement se fera sentir. Il conviendra donc de régler tout ceci avec une certaine méthodologie.

Sur ces éléments non plus, pas de changement mais le gabarit réduit offre tout de même des dimensions revues à la hausse par rapport à la XB12S. Tout est dû à trois chiffres qui changent beaucoup de choses sur la vivacité et la stabilité de la machine. Commençons par l'empattement qui gagne 40mm pour passer à 1360mm, viennent ensuite l'angle de chasse qui gagne 2.5° pour atteindre 23.5 et enfin la chasse qui passe de 84 à 119mm.

Certes ces différences ne semblent pas énormes sur le papier mais il faut reconnaître que cela change pas mal en comparaison de la version «S». Tout d'abord en ligne droite on remarque assez vite une bonne stabilité à haute vitesse. Quand les grandes courbes arrivent, l'inscription y est d'une grande facilité et la vitesse de passage peut être élevée, rien ne vient perturber la stabilité de cette version rallongée.

Les changements d'angles sont toujours très rapides surtout quand on est aidé par le large guidon que possède cette Buell. Celui-ci permet d'avoir des appuis importants si le besoin s'en fait sentir comme c'est souvent le cas dans les parties où les enchaînements sont plus serrés. Dans ce domaine, la XB12Ss ne semble pas être beaucoup moins vive que sa devancière. Ceci n'est peut-être qu'une impression, qu'un comparatif plus pointu des deux pourrait démentir, quoi qu'il en soit, lors de l'essai la vivacité n'a jamais été une contrainte.

Annoncée à 181kg, soit deux petits kilos de plus que la «S», elle conserve sa vivacité et ajoute une bonne dose de stabilité lorsque le rythme augmente. Mis en confiance, son pilote, peut porter son attention sur le pilotage proprement dit : son placement sur la moto bien entendu mais surtout l'utilisation du bicylindre pour obtenir une efficacité de premier ordre.

La machine ne déteste pas être un peu brutalisée, autant ne pas s'en priver car elle saura le rendre par une sensation de force qui s'en dégage dès que l'on se prend au jeu. Accélérer fort d'un coup ou profiter du couple important pour s'inscrire dans les virages au point d'avoir la sensation d'y laisser une ornière sont autant de choses que l'on peut ressentir assez rapidement au guidon de cette machine.

La Buell met à disposition du pilote un freinage très convainquant. A l'avant, on retrouve le fameux disque flottant périmétrique de 375mm avec un étrier 6 pistons. A l'arrière, le freinage est confié de façon classique à un disque de 240mm pincé par un étrier flottant monopiston.

Sans brutalité et avec une excellente puissance, s'arrêter ou ralentir la monture à l'approche d'un virage se fera avec facilité d'autant plus que le moteur offre un couple important qui petit à petit fera oublier l'usage des freins dans de très nombreuses situations.

Cette Buell dans sa configuration un peu plus longue se différencie aussi par la place disponible sur la selle. En hauteur, celle-ci prend 1cm pour afficher 775mm. En longueur, le passager trouvera cette fois-ci une place digne de se nom, du jamais vu sur une Buell XB. Le châssis allongé permet aussi d'offrir une capacité de réservoir qui gagne plus de 2 litres pour atteindre 16.7 litres.

Coté pratique, le tableau de bord simple et lisible est relativement complet. Il propose un compte-tours, un totalisateur, deux partiels plus un partiel de réserve qui se déclenche automatiquement, une montre et divers témoins dont celui de la réserve bien visible même de jour. Le point qui n'est pas amélioré reste la place sous la selle qui est toujours aussi réduite.

Essai Buell XB12Ss : le bilan

Finalement que retenir de cette machine avec le châssis long dont on avait eu un avant goût avec l'Ulysses, le trail voyageur de la marque américaine. Cette XB12Ss garde une excellente maniabilité dès que l'on s'élance, une caractéristique que l'on connaissait déjà sur toute la série des XB. Les changements d'angles sont rapides et précis quelle que soit la vitesse d'exécution ou presque.

Les deux grandes nouveautés sont donc la stabilité en hausse dans les grandes courbes où la confiance gagne rapidement le pilote et le confort de l'assise qui fera oublier les kilomètres parcourus et le revêtement pas toujours très correct. Ce dernier point prend toute son importance pour les gros rouleurs qui devraient très rapidement trouver cette selle épaisse et confortable à leur goût surtout qu'elle ne gêne en rien les mouvements.

En conservant son coté ludique et en y ajoutant une bonne dose de confort et de stabilité, Buell ajoute à son catalogue une machine qui ne manque pas d'attrait. En effet rares sont les roadsters sportifs à l'identité aussi marquée qui savent rester confortables que l'humeur soit à l'attaque ou à la balade champêtre.

La Buell XB12Ss est disponible en Thrust Blue (bleu), Midnight Black (noir) ou Sunset Orange (orange) au tarif de 11645 euros (juin 2006), soit seulement 150 euros de plus que la XB12S.

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