Essai Aprilia Tuono 1000
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ApriliaStreet Bike pur jusPour concocter son roadster sportif, Aprilia a simplement ôter le carénage de sa sportive, la RSV 1000, et remplacé ses bracelets par un guidon plat. Même ainsi dévêtue, l'italienne ne laisse pas entrevoir sa mécanique. Les réservoirs d'eau et d'huile, les radiateurs et le sabot masquent en effet son V2 ouvert à 60°. Contrairement au premier modèle, la tête de fourche ne reprend plus l'optique de la sportive et se pare d'une imposante prise d'air forcé. Un design massif finalement plus nordique que méditerranéen. Les pointilleux n'aimeront peut être pas l'aspect brut ou dépouillé de la machine. Mais la Tuono garde quand même le bénéfice de son châssis musculeux, de ses jantes à bâtons dédoublés sorties tout droit d'un paddock de Superbike, et sa partie arrière unanimement prisée de la gente motarde. La position repliée des jambes surprend au départ, puis s'oublie finalement assez vite. En revanche, les arrêtes à la base du réservoir sont désagréables à l'entrejambe. La selle large épargne bien le fessier, et avec ses 810 mm de hauteur, les pieds posent complètement au sol. Le guidon tombe sous les mains sans appui exagéré, et bascule légèrement le buste sur l'avant. En imprimant un rythme rapide, on se recroqueville naturellement pour mieux faire corps avec la machine, et tenter de se soustraire de la pression du vent. La tête de fourche dévie beaucoup l'air sur le casque à partir de 130 km/h. Un coup d'oeil dans les rétros suffit pour voir qu'ils sont trop petits et pas assez écartés pour offrir un champ de vision correct. Enfin, la pratique du duo n'a pas été trop sacrifiée. Les repose-pieds sont certes un peu hauts, mais largeur et épaisseur de selle aidant, le passager est finalement épargné.
Express... allongéQue ceux qui ont connu la première Tuono se rassurent, les cognements caverneux des bas régimes ont été gommés. Le bicylindre préfère toujours être maintenu au-dessus des 3000 tr/min, mais il s'acquitte des sous régimes avec plus de civilité. L'arrivée de la puissance commence vers 4000 tr/min et se déploie jusqu'à 8000 tr/min. Elle connaît alors un léger fléchissement avant d'atteindre les 10500 tours, régime ou le shift light s'allume . Sur les rapports intermédiaires, le moteur d'origine Rotax se montre coupleux à mi-régimes. Il tracte avec force, mais développe sa foulée de manière linéaire. Le passage à 106 cv à tempérer son côté explosif dans les hauts régimes. L'inertie peu prononcée lors des montées en régime modère également le frein moteur. L'anti-patinage oeuvre de manière efficace pour rétrograder sans arrière-pensée. En revanche, la firme de Noale a conservé les rapports de transmission de la RSV sur son roadster, qui finalement tire assez long. Un peu trop d'ailleurs, puisque sur le dernier rapport, l'Aprilia tarde à s'élancer avant 6000 tr/min. L'allonge est vraiment conséquente mais en arsouillant, on utilise peu ou pas les deux dernières vitesses. En titillant ainsi la bête, on réveille son appétit d'ogre (10,35L/100km) et bien qu'annoncé pour 4 L, le voyant de passage en réserve de notre moto d'essai s'est allumé après seulement une centaine de bornes. Les vibrations suffisamment filtrées distillent juste ce qu'il faut de «
good vibration» pour rendre la mécanique vivante, sans être trop envahissante. La boîte de vitesse verrouille correctement et les commandes ne sont pas trop fermes. La ville révèle bien cette qualité, mais met aussi en avant la tendance du twin à cuire les jambes du conducteur si l'on s'attarde trop longtemps à très basse vitesse.
Freinage de trappeur et poigne de ferL'imposant diamètre de braquage (6750mm) n'arrange rien aux évolutions urbaines et il faut calculer au plus juste ses trajectoires au milieu du trafic. Avec un empattement réduit à 1410 mm et 185 kg à sec, l'agilité devrait plutôt être au rendez-vous. Dans les faits, une légère raideur émane du train avant, et la Tuono réclame quand même une certaine poigne pour balancer sur l'angle. Mieux vaut donc accompagner la machine pour plus de facilité en courbe. De plus, le réservoir de la RSV impose une distance importante vers le guidon. Ce dernier, à section variable, est monté sur de superbes tés supérieurs et des pontets taillés dans la masse. La stabilité sur l'angle est bonne, moteur en charge, mais la moto se redresse quelque peu à la décélération. Un comportement certainement perfectible en durcissant un peu les suspensions réglables. Cependant, l'amortissement relativement confortable, n'absorbera plus aussi bien les irrégularités du tarmac. Sur les accélérations, la roue avant déleste facilement et justifie pleinement la présence de l'amortisseur de direction, plus particulièrement sur routes bosselées. Côté pneumatique, nos amis transalpins n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère ! Les Metzeler Rennsport collent littéralement au bitume grâce à leurs épaules très tendres et quasiment slick. Le freinage n'est pas en reste avec des étriers avant radiaux Brembo série or à une plaquette par piston. Le dosage au maître-cylindre est impeccable, mais attention au mordant très puissant qui peut être brutal à faible allure. En revanche, l'élément arrière s'avère peu convaincant. L'attaque est peu prononcée et le feeling à la pédale inexistant.
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Publié
le 23 sept 08 −
Julien Van Kiem - photos Mecamix - 3 pages
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