La victoire de Charpentier, la bataille Toseland/Haga pour la 2ème place, la dernière course des Petronas, de Chambon et Chili
Publié le 15 oct 06 |
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 Quand on arrive au circuit nivernais de Magny cours, le ton est donné : Jetez un oeil aux moyens de locomotion des spectateurs. Jamais vous ne verrez autant de Ducati, de MV Agusta, de side-cars, de sportives toutes marques réunies... Le public d'une course de SBK se rapproche plus de celui d'un grand prix de MotoGP que d'un Bol d'Or.
L'assistance est passionnée et vient de loin. On y a vu de grandes colonies d'anglais, d'italiens, mais aussi des contrées plus lointaines : on y a même vu des plaques suédoises ! Non pas que les spectateurs des 24 heures du Mans ou autre épreuve de légende ne soient pas des passionnés, mais depuis quelque temps certains venaient plus pour le mythe que pour la course, pas question de ça au Superbike !
Si les foules se déplacent en masse sur les circuits des différentes manches du championnat du monde, c'est que le programme qui attend les spectateurs est dense. Tout est fait pour en mettre plein la vue, avec pas ou très peu de temps morts. Superstock 600 et 1000, GSXR Cup, Supersport 600 et Superbike 1000, avec pour la discipline reine la fameuse Superpole et deux courses durant le dernier jour. Tels sont les points d'orgues des week-ends de toutes les manches du championnat !
 Des chiffres ? En 2005 le superbike c'était 2 milliards de téléspectateurs en audience cumulée, 94 télévisions sur 173 pays, 2758 heures de programmes TV, 1 000 000 de spectateurs et 215 millions de visite sur worldsbk.com. A titre informatif, la manche de Brno en République Tchèque en 2005 c'était 25000 spectateurs....53000 en 2006 !
Les machines
Issues de la grande série, les machines qui concourent ne sont pas des prototypes mais des machines vendues dans le commerce, préparées selon plus ou moins de technicité selon la catégorie. Exemple avec la Suzuki GSXR 1000 K6 de Troy Corser, champion du monde 2005 : La machine d'origine développe 178cv, la version de course plus de 210cv à 13000 tours par minutes. Synthétiquement, vous voyez un pilote faire ce que vous rêvez de savoir faire sur circuit, et ce, avec (en apparence) la même moto que vous !
Les pilotes
Ancien du MotoGP comme Troy Bayliss, Alex Barros le brésilien, Sébastien Gimbert ou Régis Laconi pour les français, ou même très prochainement Max Biaggi, le plateau pilote est un extrait du who's who de la vitesse moto mondiale ! Fans anglais, italiens, australiens ou français, chacun y trouvera un pilote idole prophète dans son pays ! Raymond Roche nous avait ramené un titre de champion du monde Superbike au début des années 80, Régis Laconi a frôlé le titre il y a quelques saisons, Sébastien Charpentier, Fabien Foret, Stéphane Chambon nous ont ramené chacun une couronne en Supersport... les français ne sont pas figurants dans ces disciplines.
Les catégories annexes
Qu'y a t-il de plus impressionnant qu'une course contre le chrono sur un nombre de tours limité ? Qu'y a t-il de plus palpitant qu'une course en paquet comme une course de marque ?
Ne sont ce pas là les traits des sports mécaniques que nous adorons tous ? FG Sports, promoteur du superbike a pensé à vous, à nous ! Pour les courses en paquet, les championnats stock assurent une bagarre de tous les diables avec un grand nombre de pilotes sur la piste, couteau entre les dents, prêts à en découdre dès le premier virage venu ! A noter le retour dans cette discipline de la marque italienne mythique MV Agusta. Il est toujours agréable de voir évoluer de si belles et performantes machines.
Pour le pilotage, la course de marque ! La GSXR Cup : les mêmes machines, préparées de la même manière, pour des pilotes qui devront prouver en piste que c'est leur pilotage qui fera la différence sur leurs collègues alignés sur la grille de départ. N'est ce pas la une bonne solution pour un pilote de se mettre en valeur ?
La superpole
Pour la catégorie superbike, on a instauré le principe de la Superpole. A l'issue des séances d'essais, les 16 meilleurs temps sont convoqués pour y participer. Le principe est alors simple pour chaque pilote : un tour pour se lancer, un tour chrono et un tour de décélération. C'est de cette manière que les quatre premières lignes des deux courses du lendemain se déterminent.
 Imaginez une course en France quand Laconi fait son tour chrono, imaginez une course à Philip Island quand Troy Corser fait le sien, quand Biaggi fera le sien l'an prochain à Imola ! Le public devient acteur, il participe à la motivation du pilote qui sur un seul tour, devra tout donner, sans obstacle, sans concurrent à doubler, juste à la recherche de la trajectoire parfaite ! C'est un spectacle à ne louper sous aucune prétexte dont le principe devrait être repris dans de nombreuses autres disciplines sur circuits, moto comme auto d'ailleurs. Et comme vous avez pu le comprendre, les promoteurs offrent deux courses de superbike pour le prix d'une, histoire de donner aux compétiteurs une seconde chance dans la même journée, et d'offrir au passionné assis dans les tribunes encore plus de spectacle.
La simplicité et la facilité d'accès
Quand un week end de moto GP laisse un goût de professionnalisation outrancière (qui fait aussi son charme), le Superbike laisse lui une impression de facilité d'accès. En effet, l'accès paddock est mis en vente pour la relative faible somme de 20 euros. Pour ce prix là, vous accédez aux coulisses des courses, vous naviguez entre les camions rutilants des top teams, entre les camions des fournisseurs de pneumatiques, entre les hospitality et autres motor-homes, jusqu'aux campings cars familiaux des participants aux coupes de marques et championnats superstock. Quel plaisir pouvoir se balader dans des allées où l'on peut croiser les pilotes avec leurs familles, les idoles comme Carl Fogarty ou Christophe Guyot, team managers aujourd'hui. Quelle discipline de ce niveau en vitesse moto laisse aujourd'hui ce choix et cette facilité d'accès ?
Les courses
La manche de Magny-Cours est devenue le bouquet final de la saison, car ultime champ de bataille. Si cette année le titre en SBK était déjà attribué, on pouvait s'attendre à une course à grande émotion sur d'autres points.
Ce week-end des 6, 7 et 8 octobre nous avions : La dernière chance de Sébastien Charpentier de conserver son titre de champion du monde supersport, la bataille pour la place de vice champion du monde SBK entre James Toseland et Noriyuki Haga, la dernière course des Petronas aux 3 cylindres et au look si atypique, la dernière couse de Stéphane Chambon, la dernière course de Pier Francesco Chili #7 !
Et il faut dire que le résultat a été bluffant ! Le français Charpentier bat le record de la piste en Supersport et bénéificie de la chute de Kévin Curtain pendant la course et rentre dans l'histoire en conservant sa couronne de champion, et ce, sur ses terres !Troy Corser bat lui aussi le record de la piste en superpole et sort un pilotage digne du grand pilote qu'il est. Le spectacle pendant les courses est fantastique, Haga et Toseland ne lâchant rien, Bayliss déjà titré à Imola se mêle à la bataille voulant montrer ainsi qu'il est le champion, et Corser qui veut prouver qu'il mérite une place dans un top team l'an prochain !
Adélaïde, le château d'eau, le lycée sont devenus l'espace d'un dimanche ensoleillé les champs de bataille d'une lutte sans merci, entre des pilotes d'un autre monde, motivés comme jamais. A chaque freinage, chaque épingle, chaque chicane, le premier qui freinait était un lâche. Celui qui s'attendait, le titre joué, à une promenade de santé et une course relax , a dû être surpris, mais personne ne s'en plaindra.
Pour conclure, en supersport, en superbike, la formule est simple. On additionne les meilleurs pilotes mondiaux, les meilleures machines sportives de la production actuelles préparées au mieux par les plus grands teams et les plus beaux tracés : on obtient un championnat époustouflant !
Ce week-end de course moto à Nevers, ce week-end de final de championnat du monde SS/SBK, ce week-end d'octobre, notez le, gravez le, mettez une alarme a cette date sur votre téléphone portable, sur votre boite mail, PDA ou même écrivez le sur le votre calendrier du stade français que votre femme vient de s'offrir, mais... en aucun cas il ne faut oublier de venir l'an prochain ! ne loupez pas ce qui devient une discipline phare de la moto.Venez voir les gladiateurs à 2 roues qui, pour vous, offriront encore l'an prochain le meilleur du pilotage, sur le meilleur de la production motocycliste actuelle.
En bonus, le mot du photographe : La plus forte image restera pour moi celle de Pier Francesco Chili qui pleure sur sa moto sur la grille de départ...C'est en vivant des instants comme celui-ci qu'on se rend compte à quel point cette discipline à fait partie intégrante de notre vie. Le photographier à ce moment là fut assez intense. Car derrière l'oeilleton, je voyais son émotion petit à petit l'envahir et submerger sa concentration. Des frissons vous parcourent à ce moment là... Tous les autres concurrents etteams ne sont plus là ! Une nouvelle page se tourne ! Des courses 250 aux victoires en Superbike en passant par la catégorie 500, trop de souvenirs s'affichent à la vitesse d'une Ducat' en bout de lignedroite... Merci monsieur Chili, merci !!!
 Photos de Guillaume "Roobs" Roubaud |
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