Pirelli Diablo Rosso II

Réalisé par Jean-Michel Lainé

Arrivé en 2008, le Pirelli Diablo Rosso va se voir progressivement remplacé par le II. Ce nouveau Diablo Rosso II se positionne comme un pneu entre le Touring (Angel ST) et le Sport (Diablo Rosso Corsa). Les changements apportés sont censés offrir plus de polyvalence pour à la fois répondre à un usage quotidien et à quelques sessions sur circuit de temps en temps. Les principales avancées mise en avant par Pirelli sont principalement le kilométrage et les performances sur piste, ensuite vient l'adhérence sur sol mouillé. Celle sur le sol sec serait un peu moindre en raison des efforts faits pour le mouillé et surtout la longévité, éternel problème pour les sportives et roadsters de plus en plus sportifs. Ce pneu bi-gomme embarque toutes les technologies proposées par Pirelli. Techniquement, le Rosso II possède une nouvelle carcasse pour augmenter la surface de contact au sol (+2% par rapport au Diablo Rosso I), des sculptures redessinées pour augmenter les performances sur sol mouillé (évacuation de l'eau et stabilité) et le bi-gomme uniquement présent sur le pneu arrière favorise la longévité et le grip sur le mouillé au centre, ainsi que l'adhérence sur le sec sur les grandes prises d'angle grâce à des épaulements plus tendres dérivés du Diablo Rosso Corsa, le pneu pour le sport. Enfin, comme sur ce dernier essayé l'année dernière à Assen, il est maintenant possible de personnaliser son pneu en mettant un pictogramme et le petit mot de son choix, une façon de rendre un peu plus unique sa machine.

pirelli diablo rosso ii technique

Pour essayer le nouveau Pirelli Diablo Rosso II, point de destinations exotiques cette fois-ci puisque l'Europe avait fait le déplacement à Nevers Magny-Cours pour 5 sessions sur le circuit F1 le matin, et une petite boucle d'environ 80km en début d'après-midi sous le soleil avec des températures entre 15 et 20°C. Entre temps, l'essai du Ducati Diavel équipé de cette monte permettait d'avoir un ressenti sur un kilométrage un peu plus important, mais toujours pas de pluie pour se faire une idée du comportement dans ces conditions. La première session sur circuit sur un K1300R (full) était en réalité la deuxième pour cette machine utilisée par le groupe juste avant. Les pneus étaient donc chauds tout comme sur les 4 sessions suivantes enchaînées sur la matinée. Ce qui ressort de ces sessions est la stabilité du pneu que ce soit au freinage à Adélaïde, à l'entrée sur les freins au 180 ou même sur la grande courbe rapide après le passage des stands avant d'attaquer Estoril. C'est même tellement stable que pour attaquer la chicane du Nurburgring ou celle avant Château d'eau avec sa bosse juste avant, il faut amplifier son effort pour déclencher un peu plus vite lorsque le rythme augmente au fil des sessions. C'est particulièrement visible sur l'entrée de cette chicane où les contraintes sont très importantes une fois la bosse passée. Sur les grandes courbes comme le 180 ou Estoril, la stabilité sur les bords du pneu où on trouve l'autre composé de ce bi-gomme justement (à l'arrière là où il y a écrit Diablo Rosso environ), est correcte même si on sent des petites variations qu'il est difficile d'attribuer uniquement au pneumatique.

Sur la route, on ne vous parlera donc pas de sa longévité ni de son agrément sur un revêtement détrempé faute d'avoir pu l'essayer dans ces conditions et surtout de l'avoir comparé avec le Diablo Rosso premier du nom. Sur la Ducati Diavel ou la Kawasaki Z 1000 SX essayées sur la route, on retrouve ce qui était valable sur le circuit, c'est-à-dire que la mise sur l'angle est régulière, sans réelle inertie mais aussi sans véritable rapidité. On place la machine comme on veut et elle y reste avec ce profil bien rond. Sans doute que l'effort sera un peu plus conséquent sur des guidons moins larges. Le freinage est pour sa part stable et régulier sans souci avec des contraintes moindres sur la route. Sur les parties avec de la terre sèche ou quelques graviers, les mouvements de la machine sont réguliers, il n'y a pas de décrochement violent, cela reste progressif. Sur la Diavel, en attaquant le bord du pneu arrière, le grip est par contre un peu plus délicat lors de la remise des gaz en sortie de courbe. Cette partie du pneu n'est vraisemblablement pas assez sollicitée sur la route (contrairement à la piste) pour être en condition idéale lorsqu'on l'atteint dans les grandes courbes rapides. Le train avant est tout à fait régulier dans son placement même s'il n'y a pas cette technologie bi-gomme, y compris sur les phases de freinage.

Au final, il apparaît évident qu'il vaut mieux opter pour le II même si les deux Diablo Rosso sont encore disponibles, les progrès se feront forcément sentir. On apprécie de toutes les façons la polyvalence de ce pneumatique Pirelli qui devrait pouvoir répondre sans souci à un usage loisir plus ou moins sportif que ce soit sur la route ou sur les circuits de temps à autres. Même s'il n'a pas vocation à remplacer le Rosso Corsa, il convient parfaitement pour une journée piste avec un niveau intermédiaire grâce à des performances assez constantes lors de ces 5 sessions de 20 minutes enchaînées dans la matinée. L'usure apparaissait comme régulière sur la bande de roulement comme sur les épaules. Sur route, peut-être que le pneu arrière demande un peu d'attention s'il n'est pas assez sollicité, tout dépend d'où vous roulez et de la machine que vous utilisez. Il reste toutefois les questions de l'usure sur le long terme et du grip sous la pluie qui n'ont pas été testés. Le Diablo Rosso II est maintenant disponible dans des dimensions plus confidentielles comme le 240/45ZR17 à l'arrière et bien entendu la plupart des dimensions courantes pour les roadsters sportifs ou les sportives disponibles en France. Enfin, comme le Diablo Rosso Corsa, vous pouvez ajouter votre petite touche personnelle en dessinant votre lot d'étiquettes prêtes à coller sur le flan de votre train de Diablo Rosso II directement sur gettyre.com.

pirelli diablo rosso ii action

Commentez avec Facebook