Choisir son avertisseur de radars

Réalisé par Julien - photos Mecamix

À l'heure du "tout répressif", rouler à moto se transforme parfois en véritable calvaire. Amendes onéreuses, retraits de points systématiques, les débordements n'ont jamais été aussi durement sanctionnés alors que dans le même temps, la course aux performances se poursuit sur les motos ! Parmi les solutions proposées pour éviter le pire, les avertisseurs de radars sont sans aucun doute une des plus efficaces. Voici donc un petit tour d'horizon des appareils proposés dans l'hexagone.

Destinés à vous informer de la présence de radars automatiques ou des zones à risque pour les radars mobiles, les avertisseurs de radars sont parfaitement légaux en France et fonctionnent sur le même principe qu'un GPS. Il faut toutefois les distinguer des détecteurs et des brouilleurs, prohibés dans l'hexagone, mais autorisés dans certains pays comme l'Angleterre. Les premiers (détecteurs) perçoivent les ondes émises et signalent la plupart des types de radars. Les seconds (brouilleurs) empêchent carrément le fonctionnement des radars en perturbant les signaux. L'article R413-15 du code de la route prévoit 1500 euros d'amende, une suspension du permis pouvant aller jusqu'à trois ans, la saisie du matériel, voire même du véhicule. Mieux vaut donc rouler dans la légalité, d'autant que les avertisseurs se révèlent déjà particulièrement efficaces !

Comment ça marche ?
Les contrôles de vitesse se multiplient (500 nouveaux radars fixes chaque année), et le nombre de points supprimés et de permis retirés explose littéralement. Les avertisseurs sont un moyen légal d'être prévenu de la localisation des radars automatiques et éventuellement de radars mobiles. Un capteur GPS calcule votre position et la compare à la base de données de son boîtier électronique. À l'approche d'un point enregistré (radar fixe ou zone à risque), un signal vous avertit. Pour être pleinement efficace, une mise à jour régulière est donc indispensable pour signaler les nouvelles données. Elle se fait grâce aux sites Internet des fabricants. Les logiciels utilisés fonctionnent sur les PC, mais pas sur Mac dans la plupart des cas. Côté tarif, les prix vont de 60€ à plus de 700€. Les modèles les plus simples offrent juste d'une alerte visuelle à LED et /ou sonore. Les plus élaborés disposent d'écran, d'alertes vocales, prennent en compte le sens de circulation, et la possibilité de rajouter des paramètres personnels. Généralement les mises à jour sont gratuites. Mais les modèles utilisant le système GPRS (traités plus loin) nécessitent un abonnement. La plupart des constructeur proposent des avertisseurs destinés aux automobiles, mais tardent à développer des solutions propres à la moto. Dans la majorité des cas, l'alimentation électrique se fait sur la prise allume-cigare et le support se fixe sur le pare-brise à l'aide de ventouse... De plus, sans prise casque, les alertes sonores deviennent caduc, et que dire de l'étanchéité... inexistante !

Test 1 : Inforad, l'exceptionÀ ce jour, seul l'Inforad est réellement conçu pour le deux-roues. Au montage, il faut trouver un emplacement où loger le boîtier, et le connecter à l'alimentation. En l'absence d'interrupteur, mieux vaut le brancher sur un élément qui s'allume simultanément avec le contact comme le phare, ceci afin de ne pas décharger la batterie en stationnement. Le récepteur GPS est étanche car il doit être fixé sur une partie extérieure (pare-brise, guidon...). Enfin, l'avertisseur lumineux (LED) peut être fixé à l'intérieur d'un carénage, ou autour d'un tableau de bord. A l'usage, le LED passe du vert au rouge à l'approche d'un radar. Si vous arrivez au dessus de la limitation, le LED se met à clignoter. On peut également paramétrer des zones à risque (contrôle mobile...), le LED devenant orange à l'approche de ces points mémorisés. Tous les radars fixes rencontrés ont été signalés lors de notre essai. Pour 99€, le système est efficace face aux radars automatiques et pertinent pour les motards.

Test 2 : Snooper Sapphire, le passe-partout
Contrairement à l'Inforad, le Sapphire est un avertisseur d'abord conçu pour les automobilistes. Cependant, et contrairement à d'autres modèles, il peut s'adapter aux contraintes de la moto. Sa batterie et son format de portable permettent ainsi de le glisser dans une poche de blouson avec une autonomie d'environ 4 heures. Il suffit alors de brancher un casques-écouteur sur la prise pour entendre les alertes sonores. Celles-ci sont parfaitement audibles, même à vitesse élevée. On regrette tout juste qu'aucun système de fixation n'existe pour les motos. On profiterait ainsi de l'écran couleur (unique sur un avertisseur) et de boutons de paramétrage plutôt accessibles, même avec de gros gants. Signalons tout de même que le Sapphire n'est pas étanche. À l'usage, les fonctionnalités sont plutôt convaincantes. Une alerte vocale vous signale l'arrivée sur un radar et le type de contrôle, l'écran affiche la vitesse à respecter et un bip se fait entendre jusqu'au passage du contrôle. Comme l'Inforad, il indique avec fiabilité les radars fixes et les zones à risques, mais propose aussi quelques applications en plus. Il est par exemple le seul modèle à proposer des modes "ville", "route" ou "autoroute". À l'approche d'un radar situé sur une nationale longeant l'autoroute, il ne sonnera pas inutilement si vous avez sélectionné le mode autoroute, un avantage vu l'augmentation constante des radars fixes. Il est aussi possible de se faire signaler les emplacements uniquement dans son sens de circulation. On peut également paramétrer la distance à laquelle on souhaite être averti. La mise à jour quotidienne est assurée par une équipe sur le terrain. Les emplacements de radars mobiles sont vérifiés d'après les informations obligatoires diffusées par la sécurité routière. Celles signalées par les utilisateurs le sont aussi sous 48h. Vendu 199€, le Sapphire revendique des prestations et une base de données des plus fiables. A quand une version étanche avec support ?

Les alternatives et le GPRS
Après l'essai de ces deux modèles, les avertisseurs de radars se révèlent donc très fiables à l'usage, mais sont-ils pour autant indispensable ? La question mérite d'être posée, en particulier pour les propriétaires de GPS. Presque tous les nouveaux modèles possèdent en effet une liste des radars préenregistrée. Le téléchargement de la liste des radars peut également se faire sur Internet. Cependant, sachez tout e même que les mises à jour sont moins fréquentes et se résument principalement aux radars fixes. Quelques fabricants proposent des mises à jour payantes (environ 30€/an), plus régulières et donc plus efficaces. Dans le même esprit, les assistants numériques de type Palm ou les téléphones dernière génération permettent aussi d'avertir des radars. Pour cela, ils doivent être équipés d'une antenne GPS, d'un logiciel de navigation et d'un positionneur de points d'intérêt. Il faut alors télécharger la liste de tous les radars automatiques, mais l'installation est assez complexe. Reste enfin le cas des avertisseurs Coyote qui communiquent en temps réel et se mettent à jour dès la mise sous tension, sans même avoir à se connecter à Internet. Une carte SIM permet une communication régulière par le biais du GPRS (envoi de données par les réseaux de téléphonie mobile). Vous êtes prévenus des radars fixes, et même des mobiles signalés par les autres utilisateurs. Vous pouvez également les avertir. Le service propose également de recevoir les informations trafic en temps réel. Reste que ce système nécessite l'achat du boîtier et la souscription d'un abonnement et se montre donc assez coûteux. De plus, les informations émanant des utilisateurs ne sont pas toujours recoupées et peuvent donc conduire à des erreurs.

Quelques modèles à batterie mais non étanches...

Navirad Elite 89€
Ce modèle est l'un des rares qui puissent fonctionner en autonomie, grâce à deux piles LR6. Malheureusement, les alertes visuelles et sonores ne sont pas secondées par une prise casque pour une utilisation en deux-roues. On apprécie son limiteur de vitesse paramétrable, qui vous prévient lors des dépassements de vitesse.

Alerte GPS G300 159€
Le G300 offre les même fonctions que l'Elite et propose en plus un écran d'affichage. On connaît ainsi la vitesse réelle ou la distance avant un radar. Il fonctionne sur batterie et dispose d'une prise casque, mais aucun système fixation deux-roues n'est disponible. Comme beaucoup d'autres, il est possible d'enregistrer les coordonnées d'un contrôle mobile.

Mini Coyote 199€ puis 12€ d'abonnement par mois.
Le Mini Coyote utilise le GPRS pour communiquer avec les autres utilisateurs sur les emplacements de radars mobiles. Il repose donc sur l'entraide de la communauté d'utilisateurs de Coyote. On y trouve un écran et des indications sonores, mais il manque une prise casque pour une utilisation en deux-roues.

Les tarifs sont valables en juin 2008.

Commentez avec Facebook